Reportage

Ouest Catch : En stage avec Brian Kendrick

Arrivée à Ouest Catch autour de 13h30. Le début du stage est prévu pour 14h mais Paul London aura quelques soucis qui empêchent le duo d’être à l’heure. Un problème qui empêchera également Paul London de participer au stage, laissant son partenaire se charger du stage. Pas de changement toutefois sur le programme, Kendrick commence l’entraînement d’emblée avec un exercice de mobilité.

La première partie est d’ailleurs axée sur les mouvements in-ring avec un cycle à faire pour les élèves du jour. Parmi eux, Damien Barone, qui est au programme du show le soir même et qui a déjà fait quelques stages, notamment chez Rikishi. Deux connaissances également, les Cousins Autier qui ont saisi l’occasion d’avoir un stage avec l’Américain. Après le Portugal et l’Angleterre, Alexis et Aymeric continuent de glaner de l’expérience : « Nous avons eu la chance de travailler avec Kendrick, il est très humble et très cool. Kendrick et London c’est notre dream match. On se rapproche d’eux. »

Progressivement, les exercices deviennent plus intenses et plus physiques, Kendrick donne un maximum de conseils à chacun, cherchant à leur donner ce petit plus qui leur donnera une autre dimension sur le ring. Certains ont moins d’expérience, et parmi les sept élèves, deux d’entre eux s’arrêteront plus tôt, n’étant pas encore prêts pour les exercices de Kendrick. Pas de déception toutefois et chacun tente de graviter un maximum autour de l’ancien catcheur de la WWE.

Un entrainement très physique…

Celui-ci se révèle extrêmement pédagogue, n’hésitant pas à prendre du temps pour aider un élève en particulier, lui faisant répéter un exercice à plusieurs reprises. Forcément, le programme est physique, lourd et entre quelques bobos, les pauses sont progressivement nécessaires pour maintenir un bon rythme. Nicolas « Ravage » évoque d’ailleurs cet aspect très physique : « Quand on n’est pas habitué, c’est très dur. Pour ceux qui font du catch plus régulièrement, c’est un assez bon approfondissement, Kendrick ayant évolué dans le domaine solo et en équipe. Il a toujours des petits conseils que même les experts peuvent oublier. Le stage est en tout cas très complet. »

Cela s’illustre par des séquences où Kendrick demande une grosse dépense aux membres du stage. La session de courses croisées sur le ring par groupe de deux est d’ailleurs particulièrement marquante. Demandant endurance et concentration, l’exercice consistait à faire courir les deux catcheurs dans les cordes et à chaque signal lancé par Kendrick, l’un des deux devait commencer l’enchaînement en se glissant à terre puis au retour de sauter au-dessus de son partenaire. Rapidité, agilité et concentration sont de mises.

Mais le plus important se situera par la suite, avec un discours sur le storytelling et l’importance de définir les différents caractères basiques sur le ring. Les catcheurs se lancent donc dans des confrontations de quelques minutes où, en plus d’effectuer quelques mouvements, chaque duo doit installer une dynamique heel vs face assez claire. Tout le monde se donne à fond et tente de créer une histoire sur le ring, on sent la volonté de donner un maximum et de délivrer des performances solides.

…et un Bryan Kendrick exigeant

Le tout ne s’arrête bien évidemment pas là et les exercices où l’attitude sur le ring est mise en avant se multiplient. Kendrick, bien que pédagogue, reste évidemment exigeant, justifiant son statut. Entre encouragements et directives nettes et précises, Kendrick donne sa vision du catch directement aux élèves. C’est parfois compliqué pour quelques-uns ne comprenant pas totalement l’anglais, mais tout le monde se démène.

Les marques de cordes sont nombreuses sur le corps des élèves, on sent la fatigue progresser et on voit tout le travail qu’il y a à faire dans un ring, que le catch, c’est loin d’être simple et que ça n’est pas accessible au premier venu. Pour l’un des derniers exercices, Kendrick décide de lancer les élèves en équipe, dans un match handicap entre deux faces et trois heels. Les Autier décident assez naturellement de se mettre en équipe face à une équipe de heels qui aura le rôle des vicelards, théoriquement moins forts mais mieux organisés.

Et comme plus tôt avec les matchs en un contre un, c’est un débrief très précis que fera Kendrick à la fin de l’opposition. On évoque les meilleurs moyens de prendre de la heat ou de la pop du public sans avoir recours aux moyens les plus cheaps — taper dans les mains par exemple. C’est d’ailleurs le point fondamental des exercices de cette deuxième partie de séminaire : le comportement in-ring.

L’attitude du catcheur est aussi importante

Cette attitude, que ce soit du bon ou du mauvais côté de la force, que doit avoir un catcheur pour faire bouger la foule sans que cela soit trop recherché. Il faut que tout vienne naturellement et c’est ce que veut montrer Kendrick. Si ce qui se passe dans le ring suffit à faire bouger la foule et à entraîner une opposition claire pour un show local, c’est gagné.

La journée se conclut et chaque participant allie fatigue et bonheur après la participation à ce stage. Pour les cousins Autier, une surprise les attend, ils sont ajoutés à la carte de la soirée après une participation au stage jugée impressionnante. Un ajout de dernière minute qui ravit les deux partenaires, bien qu’ils aient à s’affronter l’un et l’autre. Pour les autres — si ce n’est Damien Barone qui était déjà sur la carte — c’est une expérience de plus dans leur plus ou moins jeune carrière de catcheur. Chacun assistera d’ailleurs par la suite au show dans l’espoir d’un jour y figurer.

Après Davey Boy Smith ou encore Chris Hero, Brian Kendrick aura sans doute lui aussi beaucoup inspiré ses élèves dans sa volonté de donner de l’importance à chaque petit détail. Le sentiment général du côté des élèves du stage est d’avoir eu l’occasion de prendre une expérience supplémentaire et de saisir un peu plus ce qui compte dans un ring. Le seul regret sera simplement l’absence bien involontaire de Paul London, qui aurait pu probablement apporter lui aussi quelques conseils, bien que l’on se doute que la vision du catch des deux partenaires doit être similaire.

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